Angoulême, retour sur 3 jours intenses (1)

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Il y a quelques semaines, sur le présent blog, je m’interrogeais sur ce qui me motive encore à aller passer plusieurs jours à des centaines de kilomètres de chez moi dans la ville d’Angoulême à l’occasion du Festival International de la Bande Dessinée. Après y avoir passé trois journées complètes avec Taliesin et quelques autres forumeurs de Mangaverse (Tanuki, Manuka, XaV, Shermane), j’ai eu la confirmation : c’est bien le programme qui me donne cette envie (et cette énergie tant le séjour angoumoisin est épuisant). Petit retour sur ces courtes mais excellentes vacances bédéesques en trois billets (un par journée)…

Pourtant, cela avait mal commencé, avec une arrivée jeudi très en retard sur les prévisions, au point de ne plus avoir le temps de passer par Angoulême récupérer les badges presse, visiter une petite expo, bavarder un peu sur quelques stands de la Bulle du nouveau monde, etc. Du coup, trajet direct pour Cognac… Enfin, en théorie, parce qu’après avoir raté la bonne sortie (ce qui laisse songeur sur ma vigilance sur la route), puis avoir suivi plus ou moins bêtement le GPS de la voiture qui nous a perdus sur la sortie suivante, c’est avec presque 6h de route dans les pattes que nous sommes arrivés à l’Hôtel Ibis Style de Cognac (Châteaubernard, en réalité, mais bon…). Le lendemain, rebelote avec les contrariétés routières. Pourtant, nous n’étions pas réellement parti en retard mais c’est un bouchon comme je n’en ai pas souvent vu à Angoulême qui nous attendait de l’entrée de Saint-Yrieix jusqu’à la Cité de la BD et de l’Image (pour celles et ceux qui connaissent). Et pour finir, tous les parkings du plateau étaient complets (jamais vu ça pour celui du Champ de Mars). Je ne sais pas si cette affluence de véhicules était liée à une augmentation des festivaliers, mais ça y ressemble. En attendant, on commençait être à l’arrache pour récupérer les précieux sésames et se pointer à temps pour la première de nos activités festivalières.

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Néanmoins, après ce petit raté qui m’a valu de payer par anticipation le FPS mis en place par la mairie (25 euros quand même, que l’on peut payer à l’horodateur), la journée s’est déroulée sans anicroche. La rencontre avec Keigo Shinzo au Pavillon Manga était animée par XaV et s’est révélée très plaisante grâce à la qualité des trois intervenants (l’auteur, l’animateur et l’interprète – l’excellent Aurélien Estager). Je ne suis pas super fan de Tokyo Alien Bros. que je trouve largement surestimé ; mais Keigo Shinzo est intéressant à écouter parler de son travail. Et cela nous a permis de retrouver Tanuki, sur place depuis mercredi matin. Ensuite, passage (malheureusement un peu trop rapide) sur le stand Akata pour acheter quelques ouvrages de l’éditeur et discuter avec Bruno Pham (enfin, surtout regarder Taliesin discuter avec Bruno, ha ha). Il a fallu ensuite foncer vers le Conservatoire pour la conférence sur Alberto Breccia animée par Laura Caraballo (une Argentine spécialiste de Breccia, elle a fait sa thèse sur l’auteur à Paris X Nanterre).

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Il y a eu un sérieux problème cette année au Conservatoire, victime de son succès public. En effet, il y avait un gros souci d’affluence et donc de gestion des files d’attente. C’est ainsi que nous avons raté les premières minutes de la conférence alors que nous étions arrivés plus d’une demi-heure avant l’horaire annoncé. Et encore, je ne vais pas me plaindre, on a pu rentrer, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde. En effet, nombreux ont été les refoulés tout au long des deux journées du Conservatoire. Le lieu est devenu trop petit pour les conférences : les deux salles dédiées acceptent chacune une cinquantaine de personnes quand il y a 70 à 100 festivaliers qui veulent suivre chacune des conférences. Celle intitulée « Alberto Breccia, le grand maître de la BD argentine », était vraiment réussie. La conférencière maitrisait son sujet, était enthousiaste et volubile. Quant à l’iconographie, elle était intéressante et variée. Bravo, on en redemande. Laura Caraballo a fait honneur à la réputation d’excellence des conférences du festival et a mérité la confiance de Jean-Paul Jennequin, l’organisateur.

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Après avoir laissé Taliesin assister à la conférence sur Urasawa animée par Gwenaël Jacquet (qui était très bien, à ce qu’il parait), pour aller manger un petit quelque chose, récupérer les places pour le concert dessiné de 21h et tenter de descendre au Musée de la Bande Dessinée (ce que je n’ai pas fait par manque de courage et de temps, préférant passer un peu de temps à l’Hôtel de Ville), il était déjà temps de retourner au Pavillon Manga retrouver Tanuki (qui vit le festival à son rythme et selon son programme). Sur le chemin, nous en avons profité pour passer dans la Bulle du Nouveau Monde dire un petit bonjour aux gens du Lézard Noir, constater qu’il y avait du monde pour la séance de dédicace de Keigo Shinzo, puis d’aller saluer les courageux sur les stands LGBT BD et de Scarce. J’ai empêché Taliesin de discuter trop longuement avec Xavier Lancel car nous avions un programme à suivre. Nous avons donc assisté à la table ronde sur les trente ans du manga en France, animée par XaV (c’est ahurissant de voir l’énergie qu’il a déployé pendant ce festival en tant qu’animateur, co-commissaire d’exposition et comme rédacteur-intervieweur de du9) et avec Dominique Véret (Tonkam, Akata-Delcourt, Akata), Christel Hoolans (Kana), Stéphane Duval (Le Lézard Noir) et Laurent Lefebvre (Coyote Mag).  Une fois bien installés au Pavillon Manga, nous avons pu assister à une table ronde bien organisée, peut-être un peu trop développée sur le rejet du manga par une certaine « intelligentsia », avec des intervenants de qualité et plutôt au parler vrai. Mention spéciale à Stéphane Duval qui faisait un peu erreur de casting au début tant il est en dehors du mouvement manga francophone mais qui a su justifier sa présence sur la fin, à propos du futur, avec de plus en plus de créations croisées entre la France et le Japon. Une retranscription de cette table ronde est prévue dans le compte-rendu « Des mangaversien·ne·s à Angoulême ».

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Il ne restait plus qu’à diner, après tout ça, au Jardin, restaurant spécialisé dans la « verdure » où l’on mange à chaque édition du festival. Repas un peu rapidement expédié pour pouvoir aller au concert dessiné de la chanteuse Rokia Traoré et du dessinateur Rubén Pellejero. C’était excellent (je ne me suis pas endormi et n’ai pas vu le temps passer), pourtant je ne suis pas fan de musique du monde et je n’ai rien lu de Pellejero. Dommage que nous n’étions pas bien placés et que les photos étaient interdites. Une fois le deuxième rappel terminé (s’il y en a eu un troisième, on l’a raté), il ne restait plus qu’à retrouver Tanuki  qui tapait l’incruste au repas ATOM (pour boire une bière pendant le dessert, en fait). Je ne dirais rien des personnes présentes pour ne pas donner du grain à moudre aux accusations de copinage (ha ha) et je n’ai pas « balancé » Taliesin à Fausto pour éviter de relancer les hostilités, hé hé. Et voilà, la première journée s’achevait après une séance de taxi pour ramener Tanuki chez ses logeurs au fin fond de la banlieue angoumoisine (j’exagère un peu) et rentrer sur Cognac afin de profiter d’un petit temps de repos. Je vous donne rendez-vous dimanche pour le résumé de la deuxième journée…

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Une réflexion sur “Angoulême, retour sur 3 jours intenses (1)

  1. a-yin dit :

    Oh! Le blog aide à raconter les journées plus vite que sur le site d’info du forum mangaverse alors 🙂 . Quand je te lis, je me dis effectivement que Angoulême, c’est tout sauf reposant… Et encore, on n’a pas eu de sale temps!

    Le Conservation, c’est un peu pénible en effet! La gestion de la queue surtout. Contente que le nom de Laura Carabello soit cité sinon! Je n’ai hélas jamais lu Breccia, et ça trotte depuis toujours dans ma tête, mais le rappel fut encore plus présent lors de la conférence. Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est la mise en contexte avec l’histoire des Historietta, la présentation des différents périodiques en Argentine, accompagnant la carrière de Breccia. Mais aussi l’histoire politique du pays qui était présente. Il est vrai que la mise en contexte fut plus longue, tant celui-ci est passionnant (et cela me rappelle toujours qu’il faut que je lise ou me procure Historiettas justement), raccourcissant du même coup le sujet principal, càd Breccia. Mais surtout, elle a réussi à parler graphisme avant tout pour le travail de Breccia, de plasticité, plutôt que de son oeuvre. Il n’est pas toujours facile de parler de style, de forme et en cela, j’ai beaucoup aimé.

    La rencontre de Keigo Shinzo était très agréable en effet. Contrairement à toi, j’adore le dessin de l’auteur. Surtout, ses one-shots m’intéressent plus que Tokyo Alien Bros qui a un univers plus urbain. Surtout son histoire d’auto-école, qui fort heureusement va être traduite par chez nous ^^ . J’espère que la couverture française gardera ce goût si Matsumoto…

    Je pointe tout de même le grand oubli du shôjo sur les 30 ans de manga (oui on me crachera peut-être dessus pour cette prise de position, mais cette position existe je ne suis pas seule). C’est dommage que cela n’ait jamais été abordé malgré une question du public qui portait sur la place du shôjo autre que romantique (Onmyôji ou Le pacte des yôkai et même Basara en exemple dans la question)… Bref, le poisson fut plus ou moins noyé. Je ne suis pourtant pas fan du shôjo de romance lycéenne mais je trouve qu’on oublie vite le pan du shôjo, même normal, alors je n’imagine même pas celui qui est invisible. Mais je trouve que ces mangaka travaillent tout autant que les autres et mériteraient de la reconnaissance dans ce pays qui est le fameux 2ème marché mondial du manga.

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