GAME – Entre nos corps – ou comment survendre un manga !

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En mars, Akata a lancé une nouvelle série GAME – Entre nos corps qui fait beaucoup parler d’elle dans le petit monde du net, de façon dithyrambique comme de bien entendu, notamment sur Twitter, ce canal de communication déformant. Il faut dire que l’éditeur sait « vendre sa came », notamment via les réseaux sociaux. Présenté comme un shôjo manga adulte (du josei, quoi, c’est-à-dire du manga pour jeunes femmes adultes), le titre est censé proposer une représentation intelligente de la sexualité, loin des mangas contenant « du sexe gratuit » dans le but « d’émoustiller les lectrices ou les lecteurs ». Il s’agirait donc ici de littérature érotique qualitative. Du moins, c’est ce que veut nous faire croire l’annonce de l’éditeur. Après la lecture du premier tome, amusons-nous à commenter cette communication et, par ce biais, à donner notre première impression sur la série.

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Sayo Fujî est cadre dans un cabinet comptable. Elle consacre l’essentiel de son temps à sa carrière et refuse de se conformer à l’idéal du ryôsai kenbo (une femme doit être une bonne épouse et une bonne mère), si cher au Japon à une certaine époque mais tombant de plus en plus en désuétude du fait de la crise économique et sociétale interminable du Japon. Larguée par son dernier copain en date qui ne supportait plus de passer après le boulot, elle se retrouve une nouvelle fois seule, à 27 ans. C’est alors que de nouveaux employés, jeunes et brillants diplômés, arrivent au bureau dont Ryôichi Kiriyama. Sayo a la charge de la formation de ce dernier et, très rapidement, leur relation va dépasser le simple stade professionnel.

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Comme le fait remarquer l’annonce d’Akata, dans la bande dessinée japonaise, la question de la sexualité est souvent présentée d’une façon qui peut être problématique du point de vue occidental, notamment avec un peu trop de légèreté dans le traitement des abus sexuels. Il existe tout un pan du shôjo manga qualifié de « mature » qui peut heurter certaines personnes. Un excellent article concernant ce sujet est proposé dans le numéro 3 de la revue d’étude Manga 10 000 images (dont j’assure la direction) consacré au manga au féminin. Toutefois, il nous est expliqué que Mai Nishikata, l’auteure de GAME – Entre nos corps, nous propose ici une œuvre « ouvertement érotique et sensuelle » tout en présentant avec une « grande finesse psychologique » une héroïne avec ses doutes, mais une héroïne qui connait aussi « les plaisirs d’une femme qui cherche sa place dans le monde contemporain » alors qu’elle ne veut pas faire « les compromis que tente de lui imposer la société patriarcale ».

Pourtant, on peut ne rien voir de tout cela, du moins dans le premier tome. Certes, il est possible que la suite corresponde plus à ce qui nous est promis. En attendant, la lecture des 192 pages du présent opus s’est révélée être un véritable pensum. Il faut dire que les personnages sont particulièrement insupportables, à commencer par Ryôichi Kiriyama, une véritable tête à claque, imbu de lui-même. C’est vraisemblablement voulu mais cela peut être un repoussoir particulièrement efficace. Et en cherchant la relation teintée de jeux de domination entre adultes consentants qui est vendue par l’éditeur, on pourrait bien n’y trouver qu’un harceleur particulièrement insistant et la glorification de l’initiative (sexuelle) masculine. À l’heure du hashtag #banlancetonporc, voilà qui n’est pas politiquement correct (ce qui n’est pas obligatoirement une mauvaise chose, loin de là).

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Le plus embêtant, disons-le, c’est qu’on devra repasser pour la « grande finesse psychologique ». On ne peut pas dire que les situations soient très crédibles et que les réflexions de Nishikata, par le biais de Sayo, volent bien haut. Ryôichi, le jeune « bôgosse », ne fait aucun cas des refus de Sayo et prend continuellement l’initiative de la relation sexuelle. Certes, il ne force pas sa partenaire ; mais celle-ci est constamment dans la réaction et non dans l’action. Cela ne semble pas poser de problème particulier : Sayo ne se lance pas dans de grandes introspections. Voilà un aspect de leur relation qui est tout sauf révolutionnaire. Impossible de ne pas penser au premier tome de Virgin Hotel (un shôjo érotique en trois volumes, édité en français par Taïfu en 2009), à la seule différence que l’héroïne (si on peut dire) y était bien ingénue et naïve, ce qui n’est pas le cas de Sayo. Les rapports de domination y sont similaires : la femme est totalement soumise aux volontés de son amant.

Passons rapidement sur la critique du patriarcat japonais : pour l’instant, cela représente moins de deux pages, sous la forme d’analepses portant sur de vagues remarques faites ici ou là au boulot. Surtout, les familles des protagonistes sont totalement absentes du récit. L’absence de la figure du père doit-elle être analysée en creux ? Comment parler de patriarcat sans aborder le problème de la pression familiale ? Du coup, on est loin de toute remise en cause de la société japonaise qui en aurait pourtant bien besoin. Rappelons que le Japon est toujours un des pays les moins égalitaires au monde. Difficile, du coup, de voir dans GAME – Entre nos corps le « fer de lance d’un renouveau éditorial », notamment au Japon. Il n’y a pas de fiche dédiée sur la version japonaise de Wikipedia (celle de l’auteure est assez pauvre). La série n’a remporté aucun prix et n’apparait même pas dans la liste des 500 meilleures ventes 2017 du site Book-Rank.

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Ajoutez à cela un dessin plus qu’ordinaire, pour ne pas dire très moyen, avec des décors inexistants (ce qui n’est pas grave) et des corps plutôt mal fichus. L’auteure devrait prendre des cours d’anatomie et s’entrainer à dessiner des nus, histoire que l’on puisse un peu se rincer  l’œil sur les plastiques masculines et féminines. Ce graphisme sans personnalité est combiné à une narration classique que l’on retrouve dans de nombreux josei. On obtient donc une œuvre formellement banale. Bref, on est assez loin de l’excellence attendue. Tout ce que l’on peut retenir, c’est que GAME – Entre nos corps cherche manifestement à surfer sur le succès du roman Cinquante nuances de Grey. Est-ce que cela fonctionnera ? Souhaitons-le pour l’éditeur. Seuls les chiffres de ventes en francophonie nous le diront. Pour l’instant, c’est une réussite de communication sur Internet. Toutefois, rappelons que Twitter ne représente pas la réalité de la librairie… et que les ventes d’un premier tome ne font pas celles de la série…

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Être moderne : le MoMA à Paris (II)

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Ayant les idées un peu plus claires en ce qui concerne la distinction art moderne / contemporain, je vais essayer, par le biais d’une douzaine d’œuvres exposées à « Être moderne : le MoMA à Paris », de dissocier ce qui me plait (ou est susceptible de me plaire) de ce qui « m’inintéressera » (sauf surprise), tout en essayant de comprendre pourquoi. En une quinzaine d’années, j’ai visité plus de 260 expositions dont une bonne soixantaine relève de l’une ou l’autre catégorie (si j’inclus les expos photos monographiques). Il est certain que c’est insuffisant, surtout en ce qui concerne l’art contemporain, tant il est divers. Concernant l’art moderne, il me manque surtout une exposition sur le dadaïsme, ce qui me permettrait de mieux cerner ce courant.  Pour commencer, je pourrai aller visiter la salle 19 au niveau 5 du centre Pompidou lors de mon prochain passage au MNAM.

L’art est plastique !

Revenons un instant sur les arts plastiques. Pour moi, une œuvre d’art est avant tout un objet. Il peut être bi ou tridimensionnel : dessin, peinture ou sculpture au sens large (une installation peut être considérée comme étant une sculpture par assemblage). C’est une vision restrictive, c’est certain, mais je n’arrive pas à voir de l’art plastique (et même de l’art tout court, je le crains) dans un happening qui relève plus du spectacle (donc des arts du spectacle au même titre que la danse, le théâtre ou le cirque) que d’autre chose. Ce ne sont pas les explications de Roman Ondák lors d’un court entretien vidéo à propos de son œuvre Prendre la mesure de l’Univers (ou la notice qui lui est consacrée dans le catalogue) qui consiste à marquer la taille et le prénom de chaque visiteur sur un mur blanc qui pourraient me faire changer d’avis. À la fin, la galerie N° 8 qui lui était consacrée ne proposait plus qu’une longue bande quasi noire, ce qui était normal, vu l’affluence qu’a connue l’exposition durant ses cinq mois.

Un art plastique doit aussi refléter des compétences, ce qui sous-entend un apprentissage au moins technique et qui peut aussi être complété par une certaine connaissance de l’Histoire de l’art, d’un minimum de culture générale, d’une méthodologie, d’une pratique, etc. Certes, la maitrise technique ne suffit pas et ne remplace pas le « talent », la créativité, mais elle me semble indispensable lors de la création de l’objet. Action et réflexion se combinent pour donner forme à l’œuvre d’art, pour concevoir et mettre en pratique sa représentation. L’artiste peut se faire assister, voire remplacer pour la mise en œuvre, ce qui se fait dans l’art contemporain. J’ai souri lorsque j’ai vu que Roy Lichtenstein ne peignait pas lui-même au pochoir ses trames mais laissait à une jeune assistante la tâche de le faire (Exposition « Roy Lichtenstein » au Centre Pompidou en 2013 ou plus vraisemblablement « Pop Art – Icons  that matter » au Musée Maillol en 2017). J’ai été surpris par le monde qui participait à la réalisation de White Tone de Cai Guo-Qiang, présentation visionnée à l’occasion du « Grand Orchestre des Animaux » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain (2016).

Certes, on trouve un peu de tout ça dans l’assemblage de neuf panneaux reliés par un ruban adhésif bleu réalisé par Edward Krasiński mais où se trouve la compétence de l’artiste ? Dans le fait de savoir poser un miroir ? Dans celui de couler un carré de béton ou de gribouiller quelque chose ? Et de relier le tout par du ruban adhésif d’une largeur et à une hauteur bien précises ? Les photos d’Eugène Atget ou d’Alfred Stieglitz me laissent la même impression. Leurs travaux présentés lors de l’exposition sont d’une très grande banalité, ne portent aucun propos, et ne demandent aucune technicité ou compétence particulière (hors développement). Je n’ai d’ailleurs jamais compris comment on pouvait qualifier d’artistique le travail d’Atget, surtout après avoir vu son exposition au Musée Carnavalet en 2012. Pour en terminer avec le sujet des photos, bien qu’appréciant beaucoup celles réalisées par Walker Evans, comme Ferme à Westchester, New-York, ce n’est pas, pour moi, un art plastique mais de la photographie, un art visuel, donc. Il en est de même avec celles de Man Ray, bien plus abstraites telle Anatomies ou surréalistes, à l’exemple de Rayogramme.

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Incontestablement, ces exigences, très traditionalistes je le reconnais, écartent à mes yeux, en plus des happenings, les performances. De par leur nature éphémère et l’absence d’objet (la plupart du temps), les performances « artistiques » étaient peu présentes dans l’exposition. En effet, les performances, une fois achevées, n’existent que par les photos ou les vidéos qui en sont faites, des documents préparatoires ou d’un éventuel compte-rendu. Trio A d’Yvonne Rainer est une performance et de l’art contemporain par la décision de certains, mais ce n’est qu’un film N&B d’une danseuse, qui questionne non pas l’art mais la danse, c’est-à-dire un spectacle. Au moins, l’image bougeait et pouvait éventuellement provoquer une émotion esthétique. Il n’en était rien de la vidéo Miroir de Lili Dujourie projetée à l’occasion de l’exposition « Women House – La maison selon elles » à la Monnaie de Paris en 2018 : il n’y avait que l’artiste, nue, qui bougeait à peine dans un intérieur domestique. Toutefois, il y avait un message…

Et l’art numérique ?

Il en va de même pour l’art numérique. Étant par nature immatériel (il n’y a pas d’objet) et reproductible à l’infini (ce qui est aussi un peu le souci de la photo), cela l’exclut à mes yeux des arts plastiques. Il s’agit d’un art visuel, au même titre que la vidéo (ou le cinéma). Certes, les arts numériques (car il y a plusieurs formes) demandent une certaine maîtrise technique mais cela ne suffit pas. Pourtant, ils peuvent être matérialisés, surtout s’il s’agit de peinture digitale ou d’images de synthèse fixes. Les travaux préparatoires (et ce, d’autant plus s’ils sont réalisés « analogiquement » sous forme de dessins, peintures ou sculptures) et les documents produits, comme les impressions sur toile ou plaque Forex®, peuvent être l’équivalent de ce que produisaient les artistes peintres du XIXe siècle. Cependant, dans ce cas, le numérique n’est qu’un outil dans la réalisation d’une création, rien de plus : ce n’est pas l’essence de l’œuvre d’art.

Le MoMA est très avancé sur le sujet de l’art numérique et possède un beau centre de données pour le stockage mais cela ne s’est pas réellement retranscrit dans l’exposition à la Fondation Louis Vuitton. Les galeries 8 et 11 étaient censées nous montrer les acquisitions les plus récentes du musée new-yorkais et son implication dans ce domaine. Las, je n’y ai rien vu d’artistique, que ce soit avec emoji de Shigetaka Kurita, l’Épingle Google Map de Jens Elstrup Rasmussen ou encore dans Émissaire. Dans le squat des dieux de Ian Cheng. Dans ce dernier cas, il s’agit plus d’une narration visuelle, générée de façon que j’imagine plus ou moins aléatoire par des algorithmes et animée en 3D, que d’une œuvre d’art, quoi qu’on en dise. Je ne parle même pas de Space Invaders de Tomohiro Nishikado… C’est un jeu vidéo, l’auteur n’a jamais eu l’intention de faire une œuvre d’art, il me semble.

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Après ces considérations plutôt matérielles, il est évident que je rejette tout un pan de l’art contemporain. Est-ce le signe d’un esprit peu ouvert qui privilégie la forme à l’idée, qui est excessivement matérialiste ? Nous pouvons le craindre, hé hé !

Parlons un peu d’esthétisme

L’esthétisme est un concept difficile à analyser. Tout comme le « beau », il met en jeu un ressenti, un sentiment, une sensation. Le plaisir (ou l’émotion) esthétique, et son opposé, le déplaisir, n’est pas physique, à la différence du plaisir ressenti en mangeant ou lors d’une expérience sexuelle (quoique… lorsqu’on voit le nombre d’œuvres avec des femmes nues… réalisées par des hommes, bien entendu). L’esthétisme est intellectuel avant tout. Pour moi, le plaisir (ou sentiment) esthétique provient de la mise en œuvre de mécanismes « immatériels » (souvenirs, fantasmes, rêveries, sensibilités, etc.) s’effectuant au sein de notre esprit, généralement de manière inconsciente. Étant lié à ce que nous sommes, il ne peut pas être défini par une notion universelle, il est en grande partie subjectif. De plus, notre perception du « beau » n’est pas immuable, nos goûts évoluent avec le temps. Il ne serait donc pas inné mais acquis sous l’influence de notre environnement, de notre culture, et ce, de façon généralement inconsciente : on ne nait pas « esthète », on le devient ! À partir de là, pour apprécier l’art contemporain dans toutes ses variantes, il serait nécessaire de passer par une phase d’accoutumance, d’apprentissage, encore plus que pour l’art moderne, plus viscéralement accroché à l’objet, support du plaisir esthétique. C’est pour cela que je pense que le figuratif est plus aisé à apprécier que l’abstraction, au moins dans un premier temps. Pourtant, la réflexion peut venir en aide pour dépasser tout déplaisir esthétique immédiat.

Je ne vais pas « m’amuser » à classer les 200 œuvres (surtout que je ne les ai pas toutes vues, il y avait trop d’attente pour entrer dans certaines petits salles) de l’exposition « Être moderne : le MoMA à Paris » en leur donnant une note allant de 0 à 5. Pourtant l’exercice pourrait être intéressant en comparant ensuite les ensembles qu’il serait possible de faire à partir de différents critères. Prenons plutôt quelques exemples : Accumulation No. 1 de Yayoi Kusama est un fauteuil sur lequel sont cousues de nombreuses formes phalliques, le tout peint en blanc. Car oui, ce sont bien des « bites » et pas des saucisses comme s’était exclamé, amusé, un gamin à côté de moi. Mon premier sentiment a été un déplaisir esthétique, avant de réaliser ce que cela représentait et de commencer à apprécier l’œuvre pour le message que je pensais percevoir. Notons que je l’apprécie encore plus après avoir lu le cartel puis la notice du catalogue.

Echo n° 25, 1951 de Jackson Pollock m’a, par contre, immédiatement plu. Pourtant, je n’ai qu’une opinion assez faible de l’action painting, surtout après avoir vu (et très peu apprécié) l’exposition « Cy Twombly» au Centre Pompidou en 2017. Il faut dire que je reste marqué par le visionnage d’une vidéo (non censurée) sur une peinture relevant plus ou moins du drip painting intitulée PlopEgg de Milo Moire. Vous pouvez voir la version censurée sur YouTube (je vous laisse chercher la vidéo sans les caches noirs). Nul doute que Echo n° 25, 1951 a réussi à me plaire grâce à la complexité des formes peintes, celles-ci ayant éveillé quelque chose en moi. Je n’ai pourtant jamais fait de calligraphie (la notice fait référence à cet art ancestral). Effet tout à fait différent avec La Louve, du même artiste, peinture présente aussi à l’exposition pour laquelle je n’ai ressenti aucun intérêt.

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Il ressort de tout ceci que j’ai une vision assez traditionnelle, pour ne pas dire « traditionaliste » de l’Art (des arts plastiques, pour être plus précis). De ce point de vue, l’art contemporain embrasse plusieurs domaines : les arts plastiques (dans une définition réduite), les seuls qui trouvent grâce à mes yeux et qui me « parlent », les arts du spectacle et les arts visuels. Le comble de l’hypocrisie, c’est qu’en plus, il est nécessaire d’être adoubé par une institution pour pouvoir prétendre à cette appellation. Je tire aussi de cette petite réflexion sur le plaisir (ou le sentiment) esthétique et la notion de « beau », la conclusion que j’ai quelques lectures philosophiques qui m’attendent, tout comme m’attendent les écrits de Nathalie Heinich (même si je ne partage absolument pas certaines de ses positions sociétales), si je veux approfondir le sujet. En attendant, il ne me reste plus qu’à aller voir « Les Hollandais à Paris, 1789-1914 : Van Gogh, Van Dongen, Mondrian… » au Petit Palais : il y a du Van Gogh et du Mondrian, je m’en délecte d’avance !

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Être moderne : le MoMA à Paris (I)

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L’exposition « Être moderne : le MoMA à Paris » s’est achevée le 5 mars. Fidèle à certaines habitudes, notre petit groupe de mangaversiens y est allé au dernier moment (et, du coup, de façon un peu dispersée). Inutile de dire que c’était la foule, et ce d’autant plus que l’événement a connu un grand succès public. D’ailleurs, la Fondation Louis Vuitton était prise d’assaut le dimanche 4 dès l’ouverture à 9H00. Il y a eu plus de 750 000 visiteurs en cinq mois dont plus de 30 000 sur le dernier weekend (du 2 au 4). Dispersée dans une dizaine de salles de taille variable, la scénographie était chronologique et couvrait des débuts de l’art moderne jusqu’à l’art contemporain le plus récent (avec notamment l’art numérique), tout en retraçant l’histoire du célèbre musée new-yorkais dans deux espaces dédiés.

Cette visite a été pour moi l’occasion de m’interroger un peu plus sérieusement sur la différence entre l’art moderne et l’art contemporain. Il faut savoir que j’ai beaucoup de mal avec le second, que j’estime à la limite du « foutage de gueule » quand ça n’a pas l’heur de me plaire. Pourtant, ce sentiment pourrait être constitutif de l’art contemporain, étant né de la rupture et de la transgression des dogmes et des habitudes. Au moins, en matière d’art moderne, même si ça ne me parle pas toujours, j’ai l’impression de sentir, derrière l’œuvre, son auteur, sa réflexion et son travail, à l’exemple de Composition en blanc, noir et rouge de Piet Mondrian ou de L’oiseau dans l’espace de Constantin Brancusi. Toutefois, la Roue de bicyclette, le proto « readymade » de Duchamp contient en elle les prémices de l’art contemporain. Quant à étaler comme une œuvre d’art les emoji de Shigetaka Kurita, cela n’a aucun sens, si ?

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Aurais-je un esprit incapable de comprendre et d’apprécier toute « nouvelle » avant-garde ? Ou est-ce une incapacité à comprendre un autre monde dont j’ignore les tenants et les aboutissants ? Nul doute qu’il serait intéressant de creuser le sujet et de mieux cerner ce qui détermine l’art moderne ou l’art contemporain. Et au-delà de ces histoires de définition (première partie du présent billet), qu’est-ce qui fait que l’un me plaise plus que l’autre (seconde partie, à venir) ?

Au fait, qu’est-ce que l’art moderne ?

Le site des éditions Odile Jacob offrait (heureusement, il est encore accessible via la Wayback Machine) un texte intéressant sur l’art contemporain en proposant en même temps une définition claire de l’art moderne. Il mettait en avant les différences d’interprétation que l’on peut avoir de ces deux périodes artistiques (à supposer qu’il s’agisse uniquement de périodes). Pour ma part, je comprends l’art moderne comme la période artistique commençant avec la naissance de l’impressionnisme à la fin du XIXe siècle, c’est-à-dire quand un certain nombre d’artistes peintres, à commencer par Cézanne, se sont mis à créer en opposition à la tradition, au classicisme qui prévalait à cette époque.

En effet, pour la peinture « moderne », ce n’est plus la lumière qui compte mais la couleur. De même, le rendu n’est plus « réaliste » mais basé sur des impressions, puis sur des suggestions. Les artistes ne représentent plus mais « signifient ». Pour mieux appréhender la portée concrète de ces termes, remémorons-nous dans l’exposition Nature morte de Paul Cézanne, L’Atelier de Pablo Picasso,  L’Espoir II de Gustav Klimt, et aussi Le Faux miroir de René Magritte. Disons que le point de départ de l’art moderne, de l’avis général, remonte à l’an 1870 avec les créations de Cézanne.

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Toutefois, l’art moderne n’est pas monolithique et il recouvre plusieurs courants comme l’impressionnisme, l’art nouveau, le fauvisme, le cubisme, l’abstraction, le dadaïsme, le surréalisme, etc. C’est une période qui court jusqu’à l’apparition de l’art contemporain. Et c’est là que ça se complique…

L’art contemporain, ça date de quand ?

Dater l’apparition de l’art contemporain est malaisé : cela dépend en grande partie de la perception que l’on s’en fait (le cas rappelle d’ailleurs celui de la bande dessinée). Certains utilisent l’année 1945, pour son côté pratique car correspondant à la fin de la seconde guerre mondiale. Il est tenant de faire coïncider une charnière artistique avec un grand basculement historique. D’autres préfèrent les années 1970 avec l’arrivée du « postmodernisme », c’est-à-dire avec le rejet par une nouvelle génération d’un art devenu institutionnel. Ces artistes mélangeaient différentes pratiques, notamment celles issues des arts plastiques,  du design, de l’architecture, etc. Plusieurs exemples étaient proposés dans l’exposition, notamment les drapeaux Start, Middle, Arrow et End de George Bretch ainsi que Costume en feutre de Joseph Beuys.

Les arts plus « traditionnels » (peinture, dessin et gravure mais aussi sculpture et architecture) se sont donc effacés au profit de la photographie, du cinéma / de la vidéo, du design, de l’imprimerie d’art, de l’art conceptuel, des performances, etc. Cependant, vouloir graver une année précise dans le marbre serait ignorer que l’art contemporain s’est construit au fil du temps, au moins dès les années 1960 avec le développement de l’art minimaliste, de l’art conceptuel, de l’Arte Povera en Italie, du Nouveau Réalisme, etc. Il y a par exemple Carl Andre avec ses 144 carrés de plomb (j’ai d’ailleurs marché involontairement sur cette œuvre en reculant pour prendre une photo, mais ça ne semblait pas être un souci, ouf !).

N’oublions pas le Pop Art apparu à la fin des années 1950 aux USA (Boîtes de soupe Campbell d’Andy Warhol ou Fille qui se noie de Roy Lichtenstein). D’ailleurs, l’exposition « Être moderne : le MoMA à Paris » semblait voir la fin de l’art moderne dans l’apparition du Pop Art et le détachement des artistes américains de leurs influences européennes.

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L’art contemporain, c’est quoi exactement ?

L’art contemporain est une avant-garde, ce qui fait qu’il est en perpétuelle évolution. Il est donc apparu en étant avant tout un rejet de l’art moderne. Il relève du domaine des arts plastiques et se caractérise par un dépassement des frontières des différents domaines artistiques. Il s’agit de pratiquer la transversalité. Pour rappel, les arts plastiques recouvraient à l’origine les activités artistiques relevant du modelage telles que la sculpture, la céramique et l’architecture. Cette définition a évolué au fil du temps pour en arriver à faire référence à tout art évoquant des formes, puis des représentations, en englobant dernièrement tout ce qui est visuel, voire expérimental.

Il s’agit donc de transgresser les « règles de l’art » existantes, ou d’en inventer de nouvelles. Surtout, l’art est contemporain quand il est qualifié ainsi par un certain nombre d’institutions à la légitimité reconnue comme les musées, les galeries, les revues et critiques d’art, les curateurs, etc. Comme nous pouvons le pressentir, tout ceci est bien flou, notamment par rapport à l’art moderne, surtout quand l’œuvre considérée peut être classée dans l’une ou l’autre des deux « petites boites », comme Echo N°25, 1951 de Jackson Pollock. D’ailleurs, l’art contemporain n’est pas, pour un certain nombre de personnes, une période mais un monde qui a ses règles, ses codes, sa grammaire. Et il serait apparu avec Marcel Duchamp et ses premiers ready-mades datant des années 1910.

Une des caractéristiques de l’art contemporain, du fait du mélange des genres, de l’extrémisme de certaines créations, de leur côté parfois éphémère (pour les happenings ou les performances, pour le land art, etc.), de leur hermétisme aussi, de leur immatérialité (pour l’art conceptuel), est la nécessité d’avoir un discours, un appareil critique accompagnant l’œuvre, parfois en partant de la conception pour arriver à la réalisation, et en éclairant sa signification. Ce discours est-il indispensable pour donner une certaine valeur (pas obligatoirement pécuniaire) à l’œuvre qui resterait, sinon, un simple objet ou une accumulation d’objets, voire une simple idée ? En fait, la multiplicité des formes de l’objet, qui peut même ne pas être un matériau mais un geste ou un concept, l’objet en tant que tel donc, ne suffit pas, car il peut déjà exister (dans le cas d’un ready-made par exemple) ou être dupliqué.

Il y a aussi une recherche de dépassement des limites, une volonté d’être original. La duplication, la répétition ne sont pas considérées comme étant de l’art, il s’agit d’artisanat car il y a un manque d’originalité. Pourtant, si vous recopiez une œuvre, cela peut être de l’art si vous expliquez votre démarche et si elle est reconnue comme telle, à l’instar de AIDS de General Idea. Ce sont les raisons, la mise en œuvre, la signification de l’objet qui vont constituer l’œuvre d’art, avec l’objet (s’il y en a un). Seul, ça peut être tout simplement un néon qui clignote. Avec un récit (pour utiliser un terme à la mode), cela devient de l’art contemporain, comme l’est Human / Need / Desire de Bruce Nauman.

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Donc…

C’est plus clair, maintenant ? Pas sûr… Cependant, il m’est peut-être devenu possible de m’interroger sur les raisons d’une nette préférence pour l’art moderne, ou pour telle ou telle œuvre d’art contemporain dans la seconde partie de ce billet consacré à l’exposition « Être moderne : le MoMA à Paris », tout en mettant cette dernière en perspective avec d’autres manifestations organisées par le MNAM à Beaubourg et que j’ai pu voir ces dernières années.

Tyler Cross, le tueur au sang-froid

« Un jour, Tyler Cross paiera pour ses crimes ! En attendant, il en commet d’autres. »

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Tyler Cross avait réussi à s’évader de la terrible prison Angola dans le deuxième tome. Toujours recherché par la police dans plusieurs États pour les nombreux méfaits qu’il y a commis (comprenant quelques meurtres), traqué par la mafia qu’il avait soulagée de 17 kilos de drogue dans le premier opus de la série, il avait quand même réussi à se poser quelque part en Floride. Toutefois, la vie ne peut pas être longtemps de tout repos pour un tel braqueur et tueur, n’est-ce pas ? C’est donc sans surprise (pour le lecteur et pour le « héros ») qu’il doit fuir à nouveau, après s’être débarrassé définitivement des trois bras-cassés censés le capturer pour l’amener chez le parrain du coin. Que la fille avec qui il vivait n’ait pas survécu est un détail qui n’émeut pas plus que cela notre peu sympathique gangster. Non, ce qui le contrarie, c’est que quelqu’un l’a balancé ; et il sait qui est ce « quelqu’un ». Il est donc temps d’aller faire un tour dans cette ville pourrie de Miami pour réclamer quelques explications à un certain avocat (véreux bien entendu) de sa connaissance…TylerCross-3pl1Fabien Nury, un des scénaristes à succès du moment, et Brüno, dessinateur de plus en plus en vue, poursuivent ce qui devient une véritable série d’albums indépendants.  Ils proposent ainsi à leurs lecteurs de suivre un gangster-tueur au sang-froid et à l’efficacité redoutable. Dans ce troisième tome, comme dans les deux précédents, les auteurs construisent leur récit autour d’un objectif à atteindre. Ici, il va s’agir de récupérer 70 000 dollars que son avocat n’a pas « placé » de façon intelligente afin d’avoir les moyens de disparaître à nouveau. Et s’il y a la possibilité de se faire un petit supplément au passage… Tyler Cross va donc devoir organiser un braquage qui ne se passera évidemment pas comme prévu. En effet, s’il avait poursuivi un peu plus sa réflexion sur les personnes avec qui il a monté son coup, il aurait compris un peu plus vite dans quel guêpier il allait se fourrer. C’est parti pour 48 planches (sur un total de 88) de réponses de Tyler Cross aux événements qui s’enchainent implacablement. Ce qui constitue la grande force de la série s’exprime alors à plein :  les deux auteurs savent mettre en scène l’efficacité de leur personnage principal en construisant un récit tiré au cordeau digne des meilleurs polars noirs.TylerCross-3pl4Avec Miami, Fabien Nury, semble revenir aux fondamentaux du tome initial (Black Rock) : braquage et belles pépées (à la durée de vie assez courte, le plus souvent). Pourtant, à y bien regarder, il s’agit plus d’une continuité du deuxième tome, surtout sur le plan formel : la diminution du nombre de cases par page et la prédominance des cases faisant une bande de largeur sont accentuées, et rendent le rythme de lecture encore plus nerveux qu’auparavant. Sur le plan du contenu, la noirceur de l’âme humaine y est encore plus développée, tout comme la bêtise et la lâcheté des hommes. Le présent récit développe aussi un nihilisme que l’on avait certes pressenti dans les deux premiers volumes, mais qui devient plus lancinant dans le troisième. La vie ne peut apporter que malheur et ne peut déboucher que sur la mort. Et violente, la mort. Pourtant, comme dans Angola, la conclusion est illuminée par une petite lumière d’espoir, une possibilité de vie meilleure. Car là est le petit bémol : la construction du récit reste très (trop ?) similaire dans les trois ouvrages avec une même utilisation des analepses, d’un narratif extérieur et une intentionnelle absence de développement du personnage principal. Le dernier point est certes voulu par les auteurs mais implique un manque de progression qui est un peu regrettable.TylerCross-3pl2Il y a toutefois une nouveauté importante : un véritable personnage féminin au sein de cette histoire. Avec Shirley Axelrod, les femmes ne sont plus seulement là pour se faire frapper et/ou tuer, pour chercher à doubler Tyler Cross, ou pour servir d’élément détonateur dans la narration… Il y a toujours de cela, certes. Toutefois, Miss Axelrod est quelqu’un qui sait réfléchir, qui sait ne pas dépendre d’un sauveur lorsqu’elle est en grande difficulté. Elle sait rebondir grâce à une incontestable intelligence et un courage devant des situations imprévues, ce qui n’est pas sans rappeler une certaine personne. La misogynie des deux premiers tomes, typique du roman noir d’après Fabien Nury, est ici battue en brèche. En effet, une séquence de quinze pages met particulièrement en valeur Miss Axelrod, pourtant secrétaire de direction « normale ». Outre les agissements particulièrement efficaces de la dame, ce sont ses regards et ses silences qui sont autrement marquants et qui la mettent en valeur. N’oublions pas que le récit se passe dans les années 1950 et qu’à cette époque, les femmes ne devaient pas être trop actives dans la sphère publique et n’avaient pas grand droit à la parole…TylerCross-3pl3Quant au graphisme, il est meilleur que jamais. Brüno a réussi à épurer son trait, tout en lui donnant plus d’épaisseur, ce qui en renforce l’impact, donne plus de présence aux personnages. Les hachures, déjà en diminution dans Angola, ont disparu. À la place, le dessinateur place de nombreux aplats noirs permettant de jouer sur la lumière et surtout sur les ombres. Comme Brüno l’expliquait dans un de ses entretiens, les grands maîtres de la bande dessinée argentine (Muñoz et Breccia) sont de plus en plus présents dans son art. On pourra regretter toutefois une géométrisation un peu excessive des visages, les mentons devenant trop aigus ou, à l’inverse trop ronds. Cependant, les expressions sont réussies et sont mises en valeur par des plans très travaillés, où l’on sent que chaque case a été pensée et étudiée pour apporter le plus d’efficacité et d’immersion. En effet, la mise en page avec ses cases faisant toute la largeur de la planche parvient, une fois de plus, à donner une impression de cinéma (scope, bien entendu) sur papier sans volonté d’en faire trop. N’oublions pas la colorisation, sans fioriture, qui participe grandement à magnifier l’ambiance qui se dégage de ce polar vraiment noir sans écraser le trait du dessinateur.

Tyler Cross – Tome 3 : Miami, parution chez Dargaud le 23/03/2018

Angoulême, retour sur 3 jours intenses (3)

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Troisième et dernier jour au festival. Fatigue accumulée mais programme chargé. C’est pourtant courageux et motivés que nous sommes arrivés à l’Hôtel de Ville, sans encombre et avant 10h. Au programme, récupérer Shermane accompagnée de Monsieur et faire dès le matin un maximum d’expositions « difficiles d’accès » – comprendre celles consacrées à Cosey (du fait de son lieu) et à Tezuka et à Urasawa (du fait de leur popularité). Mais avant cela, et après avoir passé un trop court moment à parler bande dessinée chinoise autour d’un café crème (accompagné de chocolatines) avec Laurent Mélikian, j’ai dû rejoindre Taliesin à l’exposition consacrée à Sonny Liew, que nous n’avions pas eu le temps de voir la veille. L’avantage des expos situées aux caves du Théâtre, c’est qu’elles sont peu fréquentées et faciles d’accès. Le dimanche matin, à l’ouverture, c’est encore plus vrai. Ce qui n’était pas prévu, c’est de voir l’auteur en dédicace en repartant. Bien entendu, nous en avons profité pour nous faire dédicacer deux exemplaires de Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée (pour avoir chacun le nôtre), Taliesin en profitant pour continuer la discussion entamée la veille lors de la Rencontre Internationale.

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Du coup, c’est avec un peu de retard que nous avons récupéré Shermane (le TGV était pratiquement à l’heure) qui a eu ainsi le temps de regarder les panneaux de l’amusante exposition « Le monde selon Titeuf » placée devant l’Hôtel de Ville. Retard qui s’est révélé sur le moment préjudiciable étant donné la file d’attente devant l’Hôtel Saint-Simon pour l’exposition consacrée à Cosey. Alors que Taliesin restait faire la file car elle tenait absolument à voir le travail du Président de l’édition 2018, je suis retourné faire l’exposition Tezuka avec Shermane. J’ai pu ainsi compléter mes photos de planches et de festivaliers ; puis nous avons fait rapidement « Venise sur les pas de Casanova ». Pas très intéressante, je dois dire. Je ne suis pas fan de la peinture de Canaletto (et de ses pairs). Quant aux dessins par huit auteurs de BD inspirés par Venise, ils étaient… peu inspirés, j’ai trouvé. Il y avait pourtant de quoi faire avec la figure de Casanova au lieu de peindre de façon statique la ville ou des femmes nues. Seule la fresque de Kim Jung Gi sortait vraiment du lot.

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Il était alors temps de passer à l’incontournable du dimanche angoumoisin : l’anniversaire (un peu en avance) de Manuka, malheureusement sans Taliesin (à l’espace Franquin) ni Shermane (quelque part dans la ville, avant qu’elle aille sur le stand du Lézard Noir puis à l’Hôtel Saint-Simon). Cette année, c’est Tanuki qui a fait le photographe. J’étais à la remise des cadeaux (je suis persuadé que c’est mieux lorsque c’est Taliesin ou beanie_xz qui officie… Sexisme, quand tu nous tiens, hé hé…) Ce fut aussi l’occasion de découvrir un nouveau et excellent restaurant : Chez H (rien que le nom me donnait envie d’y aller) qui propose une cuisine de « spécialités chinoises, tout à la vapeur, tout fait maison ». Si vous passez dans le coin, je ne peux que vous conseiller d’y faire un tour : c’était très bon . Et le service savait être rapide pour les festivaliers pressés. Après l’intermède anniversaire, il était temps de reprendre le cours des événements. Cela commençait par un dernier passage à la Bulle du Nouveau Monde pour voir Shermane dans une longue file d’attente pour une dédicace de Shinzo Keigo et, pour moi, d’aller rencontrer Lounis Dahmani en dédicace à La Boite à Bulle et lui dire tout le bien que je pensais de Oualou en Algérie, tout en lui demandant un petit dessin, bien entendu. Il ne reste plus qu’à attendre une prochaine aventure du détective privé « français comme Zidane », en projet mais assez peu avancé, il faut le dire.

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Il était alors plus que temps, pour Manuka et moi, d’aller à l’Espace Franquin pour faire les expositions consacrées à Gilles Rochier et à Naoki Urasawa pendant que Taliesin assistait à la conférence de ce dernier dans la salle voisine. Deux belles expositions, sur deux auteurs très différents à la fois dans leurs propos et dans leur dessin. C’est aussi ça le point fort du Festival d’Angoulême : proposer dans un même lieu des œuvres éloignées thématiquement et stylistiquement. C’était l’occasion de recroiser Vlad, le co-commissaire de l’exposition Cosey. J’ai pu lui assurer que Taliesin n’avait pas manqué celle-ci et semblait l’avoir appréciée. Quant à « Tenir le terrain », le résultat était excellent avec à la fois la présentation de l’auteur, de son œuvre (dont je ne connaissais pas tous les aspects, notamment ses travaux en microédition) tout en mettant en lumière la banlieue parisienne. L’exposition Urasawa était, elle aussi, intéressante mais souffrait d’une scénographie un peu trop répétitive, d’explications insuffisantes au début, notamment sur la raison de chapitres entiers présentés sur des murs. En fait, pour comprendre les intentions du mangaka, il fallait avoir regardé la vidéo où il expliquait sa vision du manga. Problème, celle-ci était placée à la fin du parcours. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Taliesin : refaire le parcours après avoir visionné ladite vidéo pour mieux comprendre ce qui nous était présenté et comment. D’ailleurs, elle n’a pas été la seule à vouloir refaire l’expo, nous avons croisés Urasawa qui refaisait un petit tour en ayant l’air de bien s’amuser. Il est prévu d’aller voir très prochainement l’exposition à Paris pour voir comment elle a été adaptée à un autre environnement.

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Mine de rien, il commençait à se faire tard et il allait falloir songer à rentrer car 4h de route allaient nous attendre (6h en réalité entre pause autoroute / diner durant pratiquement une heure et bouchon après le péage de Saint Arnoult sur l’A10). Mais histoire de donner un peu plus de temps à Shermane d’apprécier sa première visite à Angoulême, il a fallu jouer les prolongations, ce qui nous a donné l’occasion d’aller voir les 45 affiches du festival présentées dans le local de l’Association FIBD Angoulême puis de manger une crêpe (Nutella™ pour Taliesin, beurre-sucre pour moi), histoire de prendre des forces avant de partir. Voilà, c’était tout pour cette fois-ci, rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition et une exposition sur l’œuvre de Tayou Matsumoto (le bon, pas l’autre, le mauvais, qui est déjà venu au festival), ce qui nous motive à l’avance.

Angoulême, retour sur 3 jours intenses (2)

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Le samedi commençait bien avec une place de parking à Bouillaud (c’est-à-dire à côté de l’Hôtel de Ville) grâce à une arrivée sur Angoulême avant 10h, c’est-à-dire avant que les accès soient fermés par la police municipale. Toujours pas de Manuka, toujours aussi malade. Décidément, l’équipe de mangaversien·ne·s restait bien décimée (trois absents sur six). Cette arrivée matinale (alors que nous nous étions couchés à 1h passée) devait nous permettre de voir l’exposition « Osamu Tezuka, manga no kamisama » avant qu’il n’y ait trop la foule. S’il n’y avait pas encore de file d’attente à l’extérieur du Musée de la ville d’Angoulême, il y avait déjà énormément de monde à l’intérieur de l’exposition. Cette dernière s’est révélée être belle, avec une scénographie réussie malgré la petitesse du lieu avec un parcours réfléchi et de nombreux cartels bien écrits et didactiques. Mes inquiétudes nées il y a quelques semaines étaient totalement dissipées. Le seul souci avec cette exposition a été son succès : il y avait vraiment beaucoup, beaucoup de monde.

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Je laissais alors Taliesin, qui voulait profiter de chaque planche (et elles étaient nombreuses), sans oublier de lire chaque cartel, pour retrouver Xavier Hébert. En tant que spécialiste français de Tezuka, il ne pouvait pas ne pas venir à cette édition du Festival. Il venait tout juste d’arriver de Paris afin d’assister à la rencontre avec Takayuki Matsutani, président de Tezuka Productions au Pavillon Manga et de voir l’exposition consacrée au Maître (il a participé  en tant que conseiller scientifique au catalogue). Les intervenants de cette rencontre, une fois de plus animée de main de maitre par XaV, n’étant pas en avance (je les avaient vu préparer leur discussion à la terrasse du café voisin) et Tanuki nous ayant réservé des chaises, Xavier H. et moi-même en avons profité pour discuter un peu avec Pierre Sery des Éditions Kotoji dont deux titres intéressent fortement Taliesin (mais elle s’intéresse à tellement de choses, ha ha). Cette rencontre était très réussie avec des réponses intéressantes de M. Matsutani (et bien traduite par l’interprète dont je n’ai pas retenu le nom). Je n’ai malheureusement pas pu rester jusqu’au bout mais j’ai demandé à Tanuki de me l’enregistrer (un de mes deux enregistreurs était temporairement HS du fait de piles ayant coulé. Heureusement, je suis prudent). Une retranscription de cette rencontre est, là aussi, prévue dans le compte-rendu « Des mangaversien·ne·s à Angoulême ».

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Le programme étant toujours très chargé à Angoulême, il était donc plus que temps pour moi de retrouver Taliesin, de manger un sandwich à l’arrache (pour ne pas changer) et d’aller à la Rencontre Internationale avec Sonny Liew, organisée au Studio du Théâtre (c’est-à-dire tout en haut !). Cela fait quelques temps que l’auteur m’intéresse pour son Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée paru chez Urban Comics. La rencontre était, là aussi, captivante et dynamique. Il faut dire qu’elle était animée par Paul « magnific » Gravett qui nous régale à chacune de ses interventions. Comme en plus, l’auteur (singapourien, malaisien d’origine, travaillant essentiellement pour les USA), humble quoique bourré de talent, répondait de façon développée et pertinente aux questions et remarques (y compris sur son niveau de diplôme obtenu à Cambridge, la même université où Paul étudia), nous avons passé un nouveau excellent moment à les écouter. Notons la salve de questions intéressantes posées par Taliesin à Sonny Liew, qualité des questions que n’a pas manqué de relever Paul Gravett à l’occasion d’un échange que nous avons eu sur sa page Facebook.

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Une fois la Rencontre Internationale terminée (plus tard que prévu puisqu’elle avait commencé en retard), il nous a fallu foncer au Conservatoire pour assister à une autre Rencontre Internationale avec Dave McKean, animée par… devinez qui… XaV, bien entendu, hé hé. Nous n’avons pas eu trop de soucis pour rentrer, profitant d’un Maël Rannou à la bourre pour sa conférence sur les fanzines pour « forcer » le passage en tant que conférenciers (et entrainant Taliesin dans notre sillage). C’était l’occasion de retrouver enfin Manuka qui avait surmonté son extrême fatigue liée à une angine très virulente. Cependant, n’étant pas très intéressé par l’auteur anglais, je les laissais afin de profiter de deux heures de tranquillité pour réviser un peu ma propre conférence. Car oui, mon rendez-vous principal de la journée était la conférence « Tezuka et le genre » que je devais animer entre 18h et 19h30. Cette conférence sera disponible sous forme de dossier sur le site du9. Les nombreuses personnes (à ce qu’il parait) qui n’ont pas pu y assister (mentions spéciale envers Frank Chevaillier, un de mes « fans de conférence », qui a été refoulé par la sécurité, la salle étant rapidement pleine) y retrouveront mes propos mieux agencés et ma pensée mieux développée.

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Vu l’heure, il ne restait plus qu’à aller manger un peu à l’écart du plateau (le samedi soir, passé 19h, c’est l’enfer pour trouver une place dans un restaurant sans avoir à attendre des plombes), Tanuki nous servant de guide « gastronomique ». Cela nous a permis de découvrir un excellent établissement dont je ne peux pas donner le nom, n’ayant pas de mémoire et ayant été invité par Taliesin (les facturettes CB, c’est quand même bien pratique). En plus, comme Tanuki était récupéré ensuite par son logeur, ça m’a évité de faire le taxi et nous avons pu retourner à l’hôtel à un horaire moins tardif que la veille. On avait besoin de se reposer pour un dimanche qui s’annonçait chargé avec la venue de Shermane, en remplacement de beanie_xz indisponible, afin avoir une interprète français-chinois ; pour rien à l’arrivée, il n’y avait personne sur le stand du CICAF – China  International Cartoon & Animation Festival. Et vu que Hong-Kong n’avait pas de stand cette année… Bah, au moins, Shermane allait ainsi pouvoir découvrir le festival, depuis le temps qu’elle songeait à venir.

Angoulême, retour sur 3 jours intenses (1)

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Il y a quelques semaines, sur le présent blog, je m’interrogeais sur ce qui me motive encore à aller passer plusieurs jours à des centaines de kilomètres de chez moi dans la ville d’Angoulême à l’occasion du Festival International de la Bande Dessinée. Après y avoir passé trois journées complètes avec Taliesin et quelques autres forumeurs de Mangaverse (Tanuki, Manuka, XaV, Shermane), j’ai eu la confirmation : c’est bien le programme qui me donne cette envie (et cette énergie tant le séjour angoumoisin est épuisant). Petit retour sur ces courtes mais excellentes vacances bédéesques en trois billets (un par journée)…

Pourtant, cela avait mal commencé, avec une arrivée jeudi très en retard sur les prévisions, au point de ne plus avoir le temps de passer par Angoulême récupérer les badges presse, visiter une petite expo, bavarder un peu sur quelques stands de la Bulle du nouveau monde, etc. Du coup, trajet direct pour Cognac… Enfin, en théorie, parce qu’après avoir raté la bonne sortie (ce qui laisse songeur sur ma vigilance sur la route), puis avoir suivi plus ou moins bêtement le GPS de la voiture qui nous a perdus sur la sortie suivante, c’est avec presque 6h de route dans les pattes que nous sommes arrivés à l’Hôtel Ibis Style de Cognac (Châteaubernard, en réalité, mais bon…). Le lendemain, rebelote avec les contrariétés routières. Pourtant, nous n’étions pas réellement parti en retard mais c’est un bouchon comme je n’en ai pas souvent vu à Angoulême qui nous attendait de l’entrée de Saint-Yrieix jusqu’à la Cité de la BD et de l’Image (pour celles et ceux qui connaissent). Et pour finir, tous les parkings du plateau étaient complets (jamais vu ça pour celui du Champ de Mars). Je ne sais pas si cette affluence de véhicules était liée à une augmentation des festivaliers, mais ça y ressemble. En attendant, on commençait être à l’arrache pour récupérer les précieux sésames et se pointer à temps pour la première de nos activités festivalières.

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Néanmoins, après ce petit raté qui m’a valu de payer par anticipation le FPS mis en place par la mairie (25 euros quand même, que l’on peut payer à l’horodateur), la journée s’est déroulée sans anicroche. La rencontre avec Keigo Shinzo au Pavillon Manga était animée par XaV et s’est révélée très plaisante grâce à la qualité des trois intervenants (l’auteur, l’animateur et l’interprète – l’excellent Aurélien Estager). Je ne suis pas super fan de Tokyo Alien Bros. que je trouve largement surestimé ; mais Keigo Shinzo est intéressant à écouter parler de son travail. Et cela nous a permis de retrouver Tanuki, sur place depuis mercredi matin. Ensuite, passage (malheureusement un peu trop rapide) sur le stand Akata pour acheter quelques ouvrages de l’éditeur et discuter avec Bruno Pham (enfin, surtout regarder Taliesin discuter avec Bruno, ha ha). Il a fallu ensuite foncer vers le Conservatoire pour la conférence sur Alberto Breccia animée par Laura Caraballo (une Argentine spécialiste de Breccia, elle a fait sa thèse sur l’auteur à Paris X Nanterre).

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Il y a eu un sérieux problème cette année au Conservatoire, victime de son succès public. En effet, il y avait un gros souci d’affluence et donc de gestion des files d’attente. C’est ainsi que nous avons raté les premières minutes de la conférence alors que nous étions arrivés plus d’une demi-heure avant l’horaire annoncé. Et encore, je ne vais pas me plaindre, on a pu rentrer, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde. En effet, nombreux ont été les refoulés tout au long des deux journées du Conservatoire. Le lieu est devenu trop petit pour les conférences : les deux salles dédiées acceptent chacune une cinquantaine de personnes quand il y a 70 à 100 festivaliers qui veulent suivre chacune des conférences. Celle intitulée « Alberto Breccia, le grand maître de la BD argentine », était vraiment réussie. La conférencière maitrisait son sujet, était enthousiaste et volubile. Quant à l’iconographie, elle était intéressante et variée. Bravo, on en redemande. Laura Caraballo a fait honneur à la réputation d’excellence des conférences du festival et a mérité la confiance de Jean-Paul Jennequin, l’organisateur.

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Après avoir laissé Taliesin assister à la conférence sur Urasawa animée par Gwenaël Jacquet (qui était très bien, à ce qu’il parait), pour aller manger un petit quelque chose, récupérer les places pour le concert dessiné de 21h et tenter de descendre au Musée de la Bande Dessinée (ce que je n’ai pas fait par manque de courage et de temps, préférant passer un peu de temps à l’Hôtel de Ville), il était déjà temps de retourner au Pavillon Manga retrouver Tanuki (qui vit le festival à son rythme et selon son programme). Sur le chemin, nous en avons profité pour passer dans la Bulle du Nouveau Monde dire un petit bonjour aux gens du Lézard Noir, constater qu’il y avait du monde pour la séance de dédicace de Keigo Shinzo, puis d’aller saluer les courageux sur les stands LGBT BD et de Scarce. J’ai empêché Taliesin de discuter trop longuement avec Xavier Lancel car nous avions un programme à suivre. Nous avons donc assisté à la table ronde sur les trente ans du manga en France, animée par XaV (c’est ahurissant de voir l’énergie qu’il a déployé pendant ce festival en tant qu’animateur, co-commissaire d’exposition et comme rédacteur-intervieweur de du9) et avec Dominique Véret (Tonkam, Akata-Delcourt, Akata), Christel Hoolans (Kana), Stéphane Duval (Le Lézard Noir) et Laurent Lefebvre (Coyote Mag).  Une fois bien installés au Pavillon Manga, nous avons pu assister à une table ronde bien organisée, peut-être un peu trop développée sur le rejet du manga par une certaine « intelligentsia », avec des intervenants de qualité et plutôt au parler vrai. Mention spéciale à Stéphane Duval qui faisait un peu erreur de casting au début tant il est en dehors du mouvement manga francophone mais qui a su justifier sa présence sur la fin, à propos du futur, avec de plus en plus de créations croisées entre la France et le Japon. Une retranscription de cette table ronde est prévue dans le compte-rendu « Des mangaversien·ne·s à Angoulême ».

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Il ne restait plus qu’à diner, après tout ça, au Jardin, restaurant spécialisé dans la « verdure » où l’on mange à chaque édition du festival. Repas un peu rapidement expédié pour pouvoir aller au concert dessiné de la chanteuse Rokia Traoré et du dessinateur Rubén Pellejero. C’était excellent (je ne me suis pas endormi et n’ai pas vu le temps passer), pourtant je ne suis pas fan de musique du monde et je n’ai rien lu de Pellejero. Dommage que nous n’étions pas bien placés et que les photos étaient interdites. Une fois le deuxième rappel terminé (s’il y en a eu un troisième, on l’a raté), il ne restait plus qu’à retrouver Tanuki  qui tapait l’incruste au repas ATOM (pour boire une bière pendant le dessert, en fait). Je ne dirais rien des personnes présentes pour ne pas donner du grain à moudre aux accusations de copinage (ha ha) et je n’ai pas « balancé » Taliesin à Fausto pour éviter de relancer les hostilités, hé hé. Et voilà, la première journée s’achevait après une séance de taxi pour ramener Tanuki chez ses logeurs au fin fond de la banlieue angoumoisine (j’exagère un peu) et rentrer sur Cognac afin de profiter d’un petit temps de repos. Je vous donne rendez-vous dimanche pour le résumé de la deuxième journée…